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Bien-être

Athérosclérose: comment savoir si nos artères sont en mauvaise santé?

Ennemi majeur des artères, la présence de plaques graisseuses peut être dépistée avant qu’il ne soit trop tard.

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Athérosclérose: comment savoir si nos artères sont en mauvaise santé?

Le créateur d’Astérix, René Goscinny, a payé de sa vie la rupture d’une plaque d’athérome, à l’origine de 80 % des morts subites et conséquence dramatique de l’athérosclérose. Cette maladie de l’artère débute dès l’enfance par de simples stries lipidiques ou amas graisseux à la surface de l’intima, l’une des trois couches des artères.

Leurs parois sont tapissées par l’endothélium, un revêtement que l’on a cru, pendant longtemps, suffisamment lisse pour empêcher toute adhésion. Mais par un phénomène inflammatoire associant une fibrose à l’accumulation de mauvais cholestérol (LDL cholestérol), l’athérosclérose peut se développer. D’abord asymptomatique, elle peut ensuite provoquer un rétrécissement ou sténose, gênant le passage du sang et son apport en oxygène à l’organe irrigué.

L’athérosclérose touche surtout «les zones de turbulence, carrefours ou bifurcations des moyennes et grosses artères», explique le Pr Claire Mounier-Véhier, chef de service à l’Institut cœur poumon au CHRU de Lille et présidente honoraire de la Fédération française de cardiologie. Des symptômes tels qu’essoufflement à l’effort ou à la marche, vertiges et douleur thoracique doivent alerter. La rupture d’une plaque devenue trop instable peut provoquer, selon sa localisation, un accident vasculaire cérébral, un syndrome coronaire aigu, une rupture d’anévrisme aortique athéromateux ou une ischémie aiguë de membre inférieur.

Évitable dans 80% des cas

Dans 8 cas sur 10, la maladie est évitable. «L’athérosclérose est favorisée par le tabagisme, la sédentarité, le surpoids, une alimentation trop sucrée, trop grasse, trop salée. L’âge et l’hérédité entrent également en cause, mais ne sont pas évitables», précise Claire Le Hello, professeur de médecine vasculaire au CHU Nord de Saint-Etienne. Si les femmes sont peu exposées avant 50 ans, leur risque vasculaire rejoint celui des hommes après la ménopause, souligne le professeur.

Plusieurs marqueurs de risque que sont l’apnée du sommeil, l’isolement ou la précarité sociale et la pollution atmosphérique sont également à prendre en compte. Tous se catalysent les uns les autres avec un risque de complication majoré avec l’âge. Un bilan des facteurs de risque devrait être systématiquement réalisé après 40 ans chez l’homme et 50 ans chez la femme.

Un diagnostic complet

Utilisé depuis quelques années pour le dépistage de l’athérosclérose, «le score calcique est un outil parmi les plus efficaces pour prévenir le risque d’infarctus», précise le Dr Patrick Assyag, cardiologue à Paris et membre de la FFC. Il permet une évaluation chiffrée de l’étendue des dépôts des artères coronaires. S’ensuit un examen clinique exhaustif, qui comprend une auscultation du cœur, des artères de l’abdomen, des jambes, des artères du cou et des artères sous-clavières.

«Il ne doit pas omettre l’examen cutané des pieds pour l’artérite, la palpation des pouls, la mesure de la tension artérielle prise aux deux bras et aux deux jambes, sans oublier la mesure du périmètre abdominal», recommande Claire MounierVéhier.

Un bilan biologique standard complète l’ensemble (étude de la glycémie à jeun, bilan lipidique complet, fonction rénale) et si possible, une auto mesure de la tension pour dépister l’hypertension artérielle, très fréquente chez le patient vasculaire.

En cas de symptômes d’alerte évocateurs de maladie coronaire (douleur constrictive au thorax irradiant dans le bras, la mâchoire ou le creux de l’estomac), l’électrocardiogramme de repos sera complété par une épreuve d’effort. Mieux vaut ne pas attendre l’accident pour agir sur ses facteurs de risque grâce à une bonne hygiène de vie et se faire dépister.

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